Le transsiberien
Le transsibérien
Nous montons dans le train, le voyage ne se compte pas en heures, mais en jours, plus de 4 et demi nous attendent. Ouf, le train démarre, nous ne sommes que deux dans la cabine, espérons que ça dure. La nuit St Petersbourg-Moscou a déjà été assez traumatisante et les ronflements russes bourdonnent encore dans nos oreilles. Nous prenons vite le rythme : lecture, sieste, carte, dessin et relecture. Lisa lit 3 livres. Plus tard, nous comprenons comment tuer le temps : la VODKA. Le temps passe plus vite et on dort plus. Nous rencontrons deux touristes canadiens avec qui nous échangeons des livres et des « I love targeeee », AMC team comprendra et un ingénieur russe parlant anglais, perle rare avec qui nous avons immédiatement sympathise. Nous passons une journee avec lui et parlons politique et histoire (juste pour le fun: il disait que l'empire de Genghis Khan n'a pas existe et que c'etait impossible que des mongols battent des russes hahaha propagande quand tu nous tiens!). Le paysage est beau, mais monotone : pins de Sibérie, pins de Sibérie et re-pins de Sibérie. Les arrêts sont agréables et nous en profitons pour faire quelques achats du style pains fourres a la patate et salade de choux, elle nous manquait celle la! Le temps passe, le paysage reste le même, la crasse se fait de plus en plus sentir. Les toilettes sont tellement nauséabondes que même se laver les dents devient une expédition.
Petite anecdote : les toilettes sont fermes a clé pendant les arrêts, chose compréhensible puisque les déjections tombent immédiatement sur les rails. Mais notre « providentzia », chef de wagon peu aimable, les ferment 30 mn avant chaque arrêt. Donc imagines 3 arrêts consécutifs distants d'une heure. Ca fait 4 heures sans toilettes. Ca fait rire, mais quand l'envie vous prend, la pression devient forte. Surtout au réveil après une soirée arrosee.
Nous etions contents d'atteindre la gare d'Irkoutsk, terre ferme et table. Le voyage St Peter-Vladivostok sans arrêt doit s'apparenter a une garde a vue...
Irkoutsk
C'est une ville charmante à 70 km du lac Baïkal faisant penser au far-west, maisons en bois sous chaleur étouffante. On s'y arrête volontiers et apprécie marcher dans ses rues et ruelles, surtout après 4 jours et demi de train.
Le lac Baïkal
Notre premier échec !! Une erreur de saison indéniable. Sachez que ce lac est le plus grand, le plus profond, le plus pur du monde. Un bijoux, 1/5eme des réserves d'eau potable du monde ! Sa faune est colossale, son île Olkhon est paradisiaque et est l'un des berceaux du shamanisme. Il est gelé l'hiver, les voitures le traversent sur la glace pour aller sur l'ile et plaisant l'été ou les bateaux font des croisieres. Seulement 3 semaines par an, il est impraticable : la glace est trop fine pour rouler dessus et les bateaux ne peuvent pas encore naviguer jusqu'a l'île car encore gele et devinez quand sont ces 3 semaines? ben ouais en Mai donc pas de possibilite de faire quoique ce soit sur le lac. Entêtes, nous allons quand même a l'office du tourisme: la seule solution qu'il nous propose est l'hélicoptère, pourquoi pas un sous-marin.
Baikalsk
Nous continuons notre route et décidons de nous arrêter à Baikalsk, un trou ou personne ne s'arrête. Pourquoi : peut-être un coup de folie du a l'indigestion d'un omoul mais surtout a un entetement de Lisa que vous connaissez comme redoutable. Apres quelques minutes dans cette bourgade, nous nous re-dirigeons vers la gare et achetons notre billet pour partir le plus tôt possible. Maintenant on sait pourquoi personne ne s'arrête. Nous devons rester 10 heures dans la ville. La magie du voyage opère alors. Nous sommes pres du lac regardant le couche de soleil sur le lac (un peu de romantisme) quand une famille de baikalskoien nous interpelle et nous invite a se joindre a eux. Rigolade et échanges avec cette famille paysanne qui nous invite chez eux puis nous emmène a la discothèque, espèce de bar-restaurant avec une enceinte grésillante repassant les 4 mêmes chansons en boucle.
Ils sont fiers d'amener deux étrangers a la boite municipale. Tout le monde nous salue, nous embrasse et nous invite à danser. Victor se fait draguer par deux jeunes russes de 50 ans, même faillit craquer face aux charmes de ces danseuses. Adorables, une boite de cornichon, une statue russe en céramique et une croix orthodoxe en cadeau, ils vont même jusqu'a nous escorter a la gare pour prendre le train (départ 00 :15). Vous pouvez voir leurs charmants visages dans la rubrique Irkoutsk.
Oulan-Oude
Nous décidons ensuite de nous arrêter a Oulan-Oude suite aux conseils du Lonely Planet dixit « Oulan-Oude est une charmante bourgade au charme indeniable qui constitue une des plus agréables villes de Bouriatie, ou les voyageurs ont tort de ne pas s'arrêter plusieurs jours ». MENSONGE !! C'est a se demander si lui aussi il n'est pas tombe sous le coup de l'indigestion d'omoul. Nous pénétrons dans un nomad's land poussiéreux et affreux ou la dépression nous attaque. L'hôtel est cher, les rues sont sales et la ville est vide et en ruine. Nous passons la journée a faire la sieste et dans un cybercafé. La seule attraction est la plus grande statue au monde de la tête de Lénine, 5 mètres sur 5. Tenez vous bien elle louche. Difficile de ne pas rigoler. Nous sommes convaincus que plusieurs russes ont termine au goulag après quelques fous rires face à elle. Voila que la magie du voyage opère une nouvelle fois. Apres un resto chinois, nous demandons a un groupe de jeunes s'il existe des endroits sympas. Ils nous prennent sous leurs ailes, nous font rencontrer leurs amis et nous amènent a la grande place pour admirer le feu d'artifice pour feter le 8 mai 1945 (Victoire des russes sur l'Allemagne nazie), toute la ville est la sous une pluie battante. Nous prenons le taxi « extreme russian taxi », 8 personnes dans une lada, Victor est dans le coffre. Grosse fête jusqu'au petit matin, nous nous couchons a 7 heures. La journée du lendemain passa bien plus vite. Adieu Oulan-Oude, adieu la Russie, direction la Mongolie. Une seule étape a franchir, la douane russe. Seulement 7 heures d'attente, les douaniers mongols ne prendront que deux heures pour contrôler le train.


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