La Mongolie
Nous avions prevu 2 semaines en Mongolie mais des que nous nous sommes leves le matin de notre arrive a Ulaan Baatar (UB) a bord du transmongolien nous savions deja que notre visite serait beaucoup plus longue: les vues grandioses et la nature sauvage nous ont immediatement subjugues. C’etait donc parti pour le temps maximum alloue par notre visa: 1 mois. Nous avions pris contact avec un chauffeur/guide Mejet quelques jours auparavant a Oulan Oude (vous savez cette chaaaaarmante bourguade au charme indeniable) et est venu nous chercher a la gare avec sa petite femme.
Dans nos tetes tout etait deja plannifie: 12 jours en jeep et 12 jours a cheval.
Le tour en jeep nous permet de traverser de grandes distances et decouvrir des paysages differents tandis que les jours a cheval nous permettront de gouter aux joies du camping, de la nature et des courbatures. Un reve pour Lisa que de galoper sur les immenses steppes, faire de l’equitation a en plus pouvoir…merci a Totor qui a accepte ce trip de 12 jours sans ciller. Promis parcours de golf suivront.
La Mongolie
Petit resume sur ce pays qui est ma foi un pays unique de part sa geographie et sa population.
Les nomades habitent dans des gers (yourte etant utilise par les russes seulement et d’origine turque) et bougent en general tous les 2 ou 3 mois. Ceux qui accueillent les touristes bougent seulement 2 fois dans l’annee. Ils bougent en fonction du climat, c’est a dire en suivant l’eau et en evitant le froid extreme (-50 degres dans certaines regions) pour leurs betes. Leurs betes sont leur vie, leur unique richesse et leur raison d’etre. Leur nourriture vient de leurs troupeaux et des cultures de ble: en hiver pate avec viande sechee (qu’ils gardent des annees) et en ete produits laitiers et pate. Les fruits et legumes se resument aux pommes de terre, oignons et baies. Et ce regime leur va bien: ils sont balaises les Mongols et les enfants en pleine forme.
Un peu d’histoire car la Mongolie est le berceau de Temudjin, fils de noble d’une tribue mongole, qui est devenu Genghis Khan au 12ieme siecle. Les empereurs d’operette tels que Alexandre le Grand, Cesar ou Napoleon peuvent aller se rhabiller devant le plus grand empire de tous les temps et de toute l’humanite des mongols qui s’etendait aux rives du Japon jusqu’au Vietnam, au bord de Moscou, Vienne en passant par l’Italie, l’Iran et l’Inde : tous ont plie devant le Khan : Perses, Russes, Tatars, Kins et bien d’autres. Que dire devant cet exploit a part que nous en restons perplexes tellement incroyable et bien heureux de n’avoir jamais croises ses armees sanguinaires. Cet homme a su garder l’unite entre ses heritiers, fils et petits-fils et la Horde d’Or a continue son implacable avancee vers les 4 coins cardinaux. La fin de cet empire est du aux Kins mais principalement a l’eclatement de l’entente entre les petits-petits-fils du Ka Khan. Bon rien a voir mais la vodka Genghis Khan n’est pas mauvaise. La Mongolie est restee sous l’emprise chinoise du 15ieme siecle a 1911 (je rappelle que le dernier empereur chinois Puyi etait base en Mandchourie, actuel territoire mongol) quand les mongols proclament leur independance. Entre temps au 16ieme siecle le pays devient bouddhiste tibetain (seul pays avec le Tibet). Bien sur les Chinois ne supportent pas l’idee de laisser la Mongolie et le pays s’en sort car l’Armee Rouge vient en aide a celui-ci pour ecraser les Russes Blancs refugies dans le pays mongol et donc met dehors aussi les Chinois, c’etait en 1920. Ouf on peut dire que la Mongolie a eu une chance extraordinaire et un timing beni des Dieux ou bien il serait passer a la casserole chinoise comme le Tibet une vingtaine d’annee plus tard. La Mongolie deviendra donc independante mais sous le joug sovietique jusqu’en 1991. C’est maintenant une democratie nouvelle ou le peuple, comme a chaque changement brutal de regime, a beaucoup perdu dont leur repere et limite. Le pouvoir legislatif et executif sont completement pourris par la corruption, la mafia coreenne et chinoise s’installe tranquillement et les richesses du pays sont pillees par des Occidentaux avec comme retombees economiques des emplois chinois/coreens/russes et un remplissage des poches des parlementaires. Entre 1995 et 2000 les choses allaient dans le bon sens puis 6 parlementaires aimes par le peuple ont ete assassines sans qu’ils ne trouvent les coupables (que c’est bizarre...) depuis place aux pourris.
L’ecole, le logement, les soins medicaux ne sont plus gratuits et la demographie mongole diminue de facon alarmante et les violences et vols augmentent pareillement a UB, seule veritable ville dans ce pays.
Souhaitons a ce pays magnifique qu’il trouve son equilibre et des personnes un minimum honnete au pouvoir....il faut garder espoir quand meme.
Les Mongols
Alors les Mongols on les adopte des le debut ! Ce sont des personnes conviviales, bruyantes et bien dans leurs bottes : ca crache, ca rigole, ca fume, ca pete, ca blague, ca chante, ca bouffe bref on les aime sans limite des les premiers contacts. On se sent a l’aise avec eux et ils ont un sens de l’humour lourd, on vous l’accorde, mais comme vous nous connaissez, on aime bien ca. Pas de tabou, pas de pudeur, les Mongols vivent peinards et donc nous aussi. On vous raconte quand meme les concours de pets sous les gers ou a celui qui fera le plus de bruit en mangeant ou vas-y que je te mets de grandes claques dans le dos et ca sert a quoi une douche tous les jours ? ou encore pourquoi laver les bols quand on s’en resert le lendemain ? on se le demande...
Ils sont genereux, solidaires et vous donnent tout ce qu’ils ont et attendent aussi cela en retour donc nous avons eu de vrais echanges.
Ils sont bourrus et mal-eduques mais tres curieux et ouverts : ca donne un peuple hautement sympathique et plein de connerie tres amusante.
Juste a noter le manque evident de proprete de ce peuple : bon nous ne sommes pas des begueules mais la le coup de ‘Mon gamin de 1 an et demi fait ses besoins dans la ger puis j’installe votre matelas dessus’ a plusieurs reprises ont ete fatal a leur ‘image hygiene’. Il faut quand meme le faire...Ah oui j’allais aussi oublie le coup de ‘On fait rentrer les chevreaux dans la ger pour les rechauffer avec tout plein de chiasse partout et je vous installe votre matelas par terre avec eux’ est bien sympa aussi (ca a rajoute des competiteurs haut niveau pour le concours pets). On va dire que ca choque les premiers jours et puis apres vu qu’on est crade pareil on hesite meme a faire pipi dans la soupe tant qu’on y est et tant qu’on devient mongol.
Les animaux
Totor a passe son diplome de berger : apres plusieurs essais il sait maintenant traire, attraper les chevres par les cornes ou les moutons par la laine et ainsi que choper les agneaux ou chevreaux , ramener un troupeau bref nous sommes prets a acheter une ferme ou Lisa fabriquerait des fromages de chevre. Nous avons aussi beaucoup appris pour prendre soin des animaux ; quand laisser les petits teter afin de pouvoir traire aussi, qui garder dans l’etable ou non, ou les faire paitre, comment faire du beurre, du yaourt, de la creme etc...
A noter le tout premier lait de chevre ou de vache, c’est a dire quelques minutes apres la naissance, est sucre et est tres bon. Ils font un gateau de lait avec tres goutu ma foi.
Autre chose de curieux mais tellement logique : comme les temperatures sont hautement negatives pendant 9 mois de l’annee tous les animaux ont une fourrure epaisse car toujours dehors. Quelle surprise de voir des chevaux a fourrure (oui oui), des vaches a fourrure (oui oui oui), ou encore des chiens (voui voui) avec sur le dos une fourrure digne des moutons ou chevres alpaga et n’oublions pas les chameaux qui doivent bien avoir une tonne de laine au moins sur le dos.
Remarquons la technique de la boule des chiens : nous avons vu des chiens en vraies boules ou rien ne depasse, completement blanc recouvert de neige ou de grele apres leur sieste ou nuit, c’est impressionnant.
Nous avons vu des grues toujours tres elegantes, des aigles a la pelle, des vautours enormes, des marmottes, des lievres de la taille de caniche, des truites, des cygnes sauvages, des oies, des furets et notre coup de coeur : les chiens de prairie qui galopent partout partout.
Ce qu’il faut savoir c’est qu’en Mongolie les enclos n’existent pas pour aucun betail. Il y a des etables pour les petits ou pour proteger le betail la nuit des loups. Ici les animaux sont libres, la terre est a tout le monde. De meme pour les nomades qui s’installent ou bon leur semble et quand ils veulent : il n’y a aucun sens de propriete ou de loyer. Ce qui nous amene a une particularite chez les chevaux : ils sont a moitie sauvages.
Les chevaux sont libres tout le temps et ne sont jamais en box ou etables. Quand les mongols ont besoin d’un cheval ils partent dans les steppes et vont l’attraper. Ils n’utilisent jamais plus que quelques jours le meme cheval pour ne pas l’epuiser. Les chevaux mongols ne sont pas eduques comme les notres : les caresses et les friandises vous valent des coups de dents. Il faut faire du bruit en les approchant pour le prévenir, il ne faut pas porter de couleurs vives et ils ont peur des habits qui font du bruit comme les K Way et surtout toujours les toucher et les monter du cote gauche (non, nous non plus nous n’avons pas compris pourquoi, peut être des restes communistes). C’est magnifique de voir des centaines de manades en liberté éparpillées dans les steppes avec des chevaux heureux qui se roulent par terre , qui s’allongent pour se dorer la pilule au soleil bref ils sont dans leur élément et cela les rend plus majestueux encore.
Le printemps
Nous n’avons pas fait exprès mais le mois de Mai est le mois parfait pour un voyage en Mongolie. Déjà pas de touriste: tout le monde arrive en Juillet ou Août. Nous avons croise peut être 2 a 3 fois des touristes dans le mois dont un couple de fous Slovène qui se faisait le tour de la Mongolie a vélo. On a bien rigole avec Mejet quand on les a vus sur leur vélo sur la piste défoncée et surtout sous la grêle mais bon avec respect car ça c’est un sacre défi, d’ailleurs ils avaient un moral en béton et nous répétaient sans cesse que “La grêle c’est du soleil gelé, la pluie c’est du soleil liquide, you know ! la grêle c’est du soleil gelé » on leur a donne une sucette et nous les avons laisse a leur jeu olympique. Immersion totale donc avec les mongols, pas de blancs.
De plus, le mois de Mai est le mois des naissances de tous les animaux : nous avons pu profiter des poulains, des chevreaux, agneaux et veaux bref une période joyeuse. Des petits de quelques minutes a quelques jours. On s’est bien éclate avec eux et fait beaucoup de câlins.
Le climat au mois de Mai est indéfinissable. Nous défions n’importe quel météorologue, ici les prévisions sont impossibles. Les amplitudes thermiques sont énormes et peuvent être de 25 degrés dans une même journée et dans un même endroit : nous arrivions dans une steppe avec un 25 degrés le soir pour repartir le matin sous la neige. Dans des mêmes journées nous avions les 4 saisons : du 28 degrés qui passe a la grêle puis a la neige pour se finir en 15 degrés. Ca a donne beaucoup de charme a nos expéditions (même si a cheval la grêle ça fouette a vous faire saigner) jamais monotones et surtout aux paysages traverses : collines enneigées, steppes fleuries et verdoyantes, lacs gelés, montagnes brûlées par la chaleur et plateaux recouverts de neige. Un enchantement de voir autant de climats défiler.
Ulaan-Bataar
UB est une ville moche, faite de bric a brac, sans style, ni harmonie, ponctuée de bâtiments soviets qu’on aime tant. Quand nous sommes arrives de Russie la température était négative et nous avons vite pris la poudre d’escampette pour éviter l’ambiance glauque qui y régnait. A notre retour 3 semaines plus tard nous étions en été caniculaire avec nos 33 degrés bien tapes : encore un coup du climat capricieux mongol. De coup, l’ambiance y était agréable avec terrasses, débardeurs et mini-jupes pour les mongoles : une douceur de vivre qui nous a permis de profiter et aimer la capitale.
Nous avons fait les touristes disciplines que nous sommes : visites des musées et monastère bouddhiste tibétain, spectacle de chant et danse folklorique, sortie en boite, apero terrasse, tour des magasins de souvenirs et repas avec Mejet et sa petite famille.
Une particularité des chanteurs mongols : ils chantent avec la gorge ce qui donne un son très aigu comme une vielle ou très bas comme les moines tibétains qui prient. Je ne sais si vous avez connaissance des chanteurs tibétains capables d’emettre 2 sons différents à la fois de leur gorge bon ben les mongols aussi. C’est impressionnant Totor au début cherchait quels étaient ces instrument qu’on entendait.
Les 12 jours en jeep avec Mejet
Premières steppes, premières montagnes, premier émerveillement sur ce spectacle grandiose qu’est la Mongolie. Les paysages sont époustouflants et sauvages. Les vues somptueuses et gigantesques bref ça force à l’humilité. Premiers ciels étoiles à vouloir ne pas aller dormir. Premières nuits dans des gers, premières rencontres avec les familles. Premiers laits frais avec du thé et du sel, premières soupes de mouton. Du bonheur à l’état pur ; ces jours ont littéralement files. On s’éclate avec Mejet en klaxonnant et suivant les troupeaux pour les voir courir affoles : mazette ça court vite les moutons mais les plus rapides sont les chiens de prairie. Sur 2 000 km, nous faisons 100 km d’asphalte pourri. Sur les pistes on rencontre peut être une voiture, 2 motos, 5 cavaliers et des centaines de bêtes par jour. Des heures entières des fois sans rien voir sauf l’immensité des steppes, des collines douces, des aigles ou des montagnes tout ça accompagne de musique mongole, classique ou de Jacques Brel. Mejet adore la musique et nous pouvons brancher notre I pod au poste. De la musique classique en pleine steppe, on vous assure, ce sont des moments forts (on a même verse une petite larme la première fois). Mejet nous remet toujours la même cassette d’un chanteur mongol : a la fin du voyage on chante les chansons avec lui.
Notre parcours nous amène sur le lac gelé de Khosvsgol, la « Perle Bleue » de Mongolie, comme vous le verrez sur les photos l’eau est une pure merveille et très bonne a boire. Puis descendons vers l’Harkhangai et les montagnes du Khangai avec des paysages varies entre steppes, forets, montagnes, plateaux et vallées parsemés de gers et de troupeaux. Halte au lac gelé aussi Tsaagan entoure de volcans éteints : paysages noires et lunaires. Petite soirée TV dans une ger ou nous regardons un championnat de sumo (les vainqueurs sont maintenant de plus en plus mongols, les Japonais ont les boules). Ils adorent la lutte et les sumos.
Apres nous débarquons dans une ville (enfin ville est un bien grand mot, on dirait Mad Max les villes ici, un amas de cabanes en bois ou tôle avec 1 ou 2 bâtiments de style soviet) et nous prenons une douche (oui nous écrivons cet événement capital car très rare). D’ailleurs pour les filles : si vous voulez du volume pour vos cheveux j’ai trouve le truc qui marche a tous les coups : ne vous les lavez pas au moins 10 jours et après le shampooing c’est magique vous obtiendrez un volume de folie qui tient 2 jours, garanti !
Puis nous rejoignons une autre ville Mad Max Kharkorin ou Pujee et Toya nous attendent avec nos chevaux.
Les 10 jours de cheval.
C’était parti pour initialement prévu 12 jours qui seront au final 10 car nous sommes malheureusement tombes sur un guide qui est pour nous un des plus gros c.. jamais rencontre. Excusez le langage mais comme vous nous connaissez il est très dur de nous pousser a bout et il y est arrive avec brio. On ne réécrira pas que le décor était comme a son habitude merveilleux : nous avons en plus vu des cascades, des geysers ou encore des caves et rifts vertigineux. Toutes les nuits ont été passées dans les gers familiales donc nous avons réellement vécu à la mongole chez les mongols sauf une nuit en tente près d’une rivière (heureusement car froid : Lisa a eu les fesses gercées par le froid).
Jour 1 : petite journée de 22 km pour se mettre en jambe et on commence avec beaucoup de difficulté avec les chevaux et bien sur notre guide Bolte ne nous aide pas. Totor me dit que le guide n’a pas vraiment l’air sympathique, Lisa répond « Mais non, tu verras avec le temps ça va aller, on va l’amadouer avec des sourires, des efforts, des clopes et du chocolat ».
Jour 2 : 25 km. Totor a les fesses en feu et Lisa les rotules qui ondulent. 6 heures de cheval quand même (quand Lisa en fait à Tierce c’est du 2 heures max). Totor fait remarquer a Lisa que le guide ne va pas être sympa, Lisa lui répond « Ne t’inquiètes pas, peut être qu’il est très très timide, ça ira mieux dans quelques jours ».
Jour 3 : 30km. Totor commence à s’habituer à son mal de fesses et Lisa a ses genoux. Apres avoir essaye les 2 chevaux, nous choisissons chacun le notre que nous garderons tout le voyage : Totor prend la sympathique Mule, lente mais constante et sure d’elle. Lisa prend Fend Le Bise le jeune cheval enthousiaste et foufou mais bien gentil. Bolte fait toujours la gueule mais fume beaucoup de nos cigarettes.
Jour 4 : 35km. La, on sent que l’équitation, ça commence a rentrer, très bien même. On connaît nos chevaux maintenant, comment ils réagissent, ce dont ils ont peur et ou ils aiment être grattes. On attaque le trot et le galop sans aucun conseil car Bolte est toujours muet comme une Omoul russe. Totor fait remarquer a Lisa que le guide n’est pas sympathique et Lisa lui répond « Mais non, ça va venir, encore quelques jours, c’est peut être qu’il a eu une enfance difficile. Soyons Bouddhas de Compassion ».
Jour 5 : 40 km. Bon on vous parle une dernière fois de notre équitation parce que la nous sommes carrément des pros, l’équitation n’a plus de secret pour nous et on enchaîne une journée de 10 heures de cavalcade. Bizarrement nous n’avons plus mal nulle part et nous sentons nos corps devenir forts et athlétiques : une agréable sensation. A noter que pendant les 5 jours, notre pitance quotidienne se résumait a 4 petits bols de pâte a la viande séchée et un snicker et demi (rationnement oblige). Ca vous fait fondre la brioche en en rien de temps (encore mieux que Weight Watchers Fefe J). Totor fait remarquer a Lisa que le guide est vraiment con et ne fait aucun effort et Lisa lui répond « Peut être…peut être…mais bon demain sera un autre jour, restons Bouddhas de Compassion».
Jour 6 : 30km. Bolte a enfin appris nos prénoms et même qu’il s’en sert ! Ouaahhhh nous en sommes restes babas. Cette avancée énoooooorme est balayée le soir même. Bobole veut changer le programme et nous voulons comprendre pourquoi : et la c’est le drame. Bobole ne veut pas nous donner son itinéraire, crie et menace Totor du poing. Point de non-retour, qu’il fasse la gueule passe mais qu’il soit violent, n’est pas acceptable. Lisa fait remarquer a Totor « C’est vraiment un gros con ce guide ! » et Totor lui répond « Je sais, ça fait 6 jours que je te le dis ». Donc au placard les Bouddhas de Compassion. Bobole peut se carrer ou nous pensons les clopes, les chocolats, les sourires, les efforts et nos mots mongols. Nos échanges se limitent a « Yawi » (on y a) et « Bolte Pause ! ».
Jour 7 : 30 km. Chevauchée très agréable malgré la boucle de rabe que Bobole nous rajoute pour nous emmerder…c’est de bonne guerre, œil pour œil, dent pour dent. Nous avions une furieuse envie de le planter et prendre un bus pour rentrer a Kharkorin et repartir avec un autre guide. Malheureusement, il n’y a de bus que pour UB. Donc nous nous sommes mis en mode « Extrem Warrior » : c’est un mode que nous sortons très rarement car très dangereux car nous sortons tout ce que nous avons dans les tripes en mode « combattant » : encore la journée de demain et après les 100 km du chemin du retour on les fera en 3 jours au lieu de 4.
Jour 8 : cheval, douche dans une rivière très agréable la salle de bain était top luxe. On fait du cheval quasiment tous les 2, c’est le paradis.
Jour 9 : 52 km. Le chemin du retour commence. Ce jour nous faisons 52 km en 7heures de cavalcade, le mode « Extrem Warrior » marche très bien. Bobole en pouvait plus et nous demande de poser la tente plusieurs fois mais nous refusons, on veut arriver à la ville le plus vite possible. Bobole insiste mais tombe devant des murs, Bobole n’a pas compris que quand on nous cherche, on nous trouve et quand le Henri et la Guillot sont en mode « Extrem Warrior » il n’y a plus rien a faire.
Jour 10 : 43 km. On avale littéralement les pauvres petits 43 km en peu d’heures malgré la grêle, le vent et la pluie. Bobole, on lui en a bouche un coin : 11 heures de cheval pour faire 100 km ; la on peut dire que c’est du « Extrem Warrior Expert Level ».
C’est avec bonheur qu’on lâche notre baiyartai (au revoir) à l’autre et avec un peu de tristesse de savoir que ce sont nos derniers instants dans cette nature mongole. On s’achète une petite bouteille de vodka pour fêter notre voyage et raconter tout ça a Pujee et Toya. Ils ne sont pas surpris du tout : c’était son premier tour avec des touristes et avant il avait suivi 2 guides en voyage qui avaient enonce de gros doutes quant a sa capacité a être guide car Bobole n’aime pas les gens, ni le contact des gens ; Bobole est un loup solitaire, renferme sur lui-même et violent. Nous lui souhaitons bonne chance pour sa reconversion car il fait souffrir les touristes mais reste sa première victime.
Ces jours a cheval ont été une expérience extraordinaire tant par le décor que par l’équitation ou encore la plongée dans la vie familiale et quotidienne mongole. Nous repartons avec 322 km dans les sabots, 70 heures de cheval et une pêche d’enfer.


Commentaires
Louloute le 24/06/2007 à 10:48:58a part bravo, je ne vois rien d'autre à dire!sûr qu'il ne faut pas trop taquiner une Guillot mâtinée polonaise, ça peut en cuire-suis contente de découvrir le même trait de caractère chez les angevins
c'est une belle aventure que vous vécue, de quoi faire bien des envieux, moi la première,mais c'est tellement sympa de pouvoir la partager avec vous à travers vos beaux commentaires,merci
Marianne site : www.sareabba.blog4ever.com | le 30/01/2008 à 19:12:21
votre carnet de route sur la Mongolie, que je viens de découvrir, est un vrai régal : paysages, modes de vie, histoire.... Voilà une véritable invitation au voyage. Merci beaucoup.